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Vignette routière belge : ces communes où l’inquiétude grandit, " tout a été décidé sans tenir compte de notre réalité "

Économie

La Belgique s’apprête à introduire une vignette routière numérique dès le 1er mai 2027. Les automobilistes étrangers devront ainsi payer pour emprunter les autoroutes et certaines routes régionales du pays. Mais cette nouvelle mesure est loin de faire l’unanimité, particulièrement dans les communes situées à proximité des frontières.

Comme le révèle le média HBVL, en Flandre-Occidentale, Christophe Dejaegher (CD&V), bourgmestre et président de l’organe consultatif du Westhoek, a déjà réclamé une exemption pour les communes frontalières. Une demande à laquelle le ministre flamand des Finances, Ben Weyts (N-VA), se montre réticent, estimant qu’une telle exception serait techniquement difficile à mettre en place et ne ferait que déplacer le problème.

« Tout a été décidé sans tenir compte de notre réalité »

Dans le Limbourg, le bourgmestre de Lanaken, Marino Keulen (Anders), partage ces inquiétudes. Sa commune, voisine de Maastricht, entretient des liens économiques et sociaux particulièrement étroits avec les Pays-Bas. « Les habitants de l’intérieur du pays ignorent tout de la région frontalière. Tout a été décidé sans tenir compte de notre réalité. », déplore-t-il.

Les chiffres qu’il avance illustrent cette proximité : chaque jour, 3.000 habitants de Lanaken se rendent à Maastricht pour travailler. À l’inverse, 7.200 Néerlandais résident dans la commune belge et 1.000 enfants néerlandais y fréquentent les écoles.

Les commerces dépendent également de cette clientèle étrangère. « Allez voir le parking de notre centre commercial à Smeermaas : la moitié des voitures y ont des plaques d’immatriculation jaunes », souligne le bourgmestre, évoquant aussi le tourisme lié au carburant et le secteur de l’horeca.

Les habitants de l’intérieur du pays ignorent tout de la région frontalière.

Faire ses courses ou rendre visite à sa famille

Pour Marino Keulen, la vignette risque de compliquer les déplacements quotidiens de nombreux habitants. « Pour quelqu’un à Hasselt, quelqu’un à Diepenbeek est un voisin proche. Pour nous, ce sont les habitants de Maastricht », explique-t-il.

Le bourgmestre regrette que les spécificités des communes frontalières n’aient pas été davantage prises en considération. « Cette mesure engendre des coûts pour ceux qui viennent faire leurs courses, emmener leurs enfants à l’école ou rendre visite à leur famille. Les communes frontalières auraient donc dû être exemptées. »

Et sa conclusion est sévère : « La Flandre avait besoin d’argent et n’a pas tenu compte de nos objections. Tout a été décidé sans tenir compte de notre réalité. » À Maasmechelen, autre commune frontalière du Limbourg, le bourgmestre Raf Terwingen (CD&V) constate que le sujet ne préoccupe pas encore beaucoup les habitants. Mais il prévient : « Pour l’instant, cela n’inquiète pas outre mesure les gens, mais ça ne saurait tarder. »

À quelques mois de l’entrée en vigueur annoncée de la vignette, les communes frontalières espèrent donc encore obtenir un régime particulier.

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