Un aveu de faiblesse de Poutine et une bromance avec Elon Musk : "Un véritable génie"
Le retard spatial russe
À l'origine de ces compliments, le projet Rassvet ("aube" en russe), qui a pour but de développer un réseau national de satellites capable de concurrencer Starlink, le service Internet par satellite de SpaceX.
À lire aussi
Le "Starlink russe" bientôt prêt ? "C'est un risque pour la planète entière"
Problème: les deux pays ne jouent pas encore dans la même catégorie. "Il dispose déjà de plus de 5 000 satellites en orbite, alors que nous n'en sommes qu'à nos premiers pas", a reconnu Vladimir Poutine. Précision importante, le président russe ne parle pas ici de la conquête spatiale en général. L'Union soviétique en était même l'une des pionnières avec le lancement de Spoutnik 1, premier satellite de l'histoire, en 1957. Les "premiers pas" évoqués par Poutine concernent donc bien les réseaux de satellites Internet comme Starlink, un domaine dans lequel la Russie est en retard.
Et encore, le dirigeant russe sous-estime largement l'avance américaine. La constellation Starlink compte en réalité 10 000 satellites, contre une trentaine seulement pour le projet russe.
Poutine et Musk, une "vieille" histoire
Mais Vladimir Poutine ne s'est pas contenté de saluer les prouesses technologiques d'Elon Musk. Il a également évoqué les relations qu'entretiendrait Moscou avec le patron de SpaceX. "Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires américains, y compris M. Musk, car il est crucial, en orbite, de ne pas se gêner mutuellement et de maintenir un certain niveau de discipline et d'ordre".
À lire aussi
"C'est ça, le grand danger avec Trump, après les midterms"
Et ce n'est pas la première fois que les noms de Vladimir Poutine et Elon Musk se retrouvent associés. En octobre 2024, le Wall Street Journal a déjà révélé que les deux hommes échangeaient régulièrement au téléphone depuis la fin de l'année 2022. Des conversations qui, selon le quotidien américain, ne se limitent pas aux satellites. Il aurait aussi été question de politique, de géopolitique et même de sujets personnels.
Et sur le plan politique aussi, les choses semblent tourner à l'avantage de Poutine. À quelques jours des midterms, Donald Trump cherche à tout prix à faire baisser les prix de l'énergie. Et pour y parvenir, le président américain semble prêt à faire quelques concessions à Vladimir Poutine. Plusieurs sanctions contre Moscou ont été assouplies et un accord sur le diesel russe a même été conclu. Trump se montre aussi de plus en plus critique envers l'Ukraine. "Je pense que Poutine veut davantage conclure un accord que Zelensky", a-t-il lancé le 12 octobre dernier. De quoi faire les affaires du Kremlin, qui voit Washington lui tendre à nouveau la main. Ce qui peut donc expliquer ces propos flatteurs vis-à-vis d'Elon Musk, proche du président américain et même ancien partenaire dans son gouvernement, de la part de Vladimir Poutine.
Starlink, le sujet qui fâche
Difficile de parler de cette proximité entre Poutine et Musk sans évoquer ce qui se passe actuellement entre Starlink et l'Ukraine. Depuis plusieurs semaines, le réseau satellitaire du milliardaire américain se retrouve au cœur d'une polémique concernant son utilisation par l'armée ukrainienne.
À lire aussi
L'Ukraine affirme qu'Elon Musk a restreint son réseau Starlink sur le front : "Cette mesure est liée à la situation politique actuelle"
À la mi-octobre, les forces ukrainiennes ont vu leurs connexions satellitaires ralenties, notamment sur Starshield, la version militaire de Starlink. Conséquence ? Des opérations de drones perturbées, certaines missions annulées et une question qui embarrasse jusqu'aux États-Unis. Qui a décidé de ces restrictions ? Elon Musk a d'abord renvoyé la responsabilité vers les autorités américaines avant de reconnaître, le 24 octobre, que SpaceX avait bien fermé une faille permettant certains usages militaires de son service civil. "L'armée ukrainienne a violé les conditions d'utilisation de Starlink et l'a utilisé pour mener des frappes offensives de drones destinées à tuer des gens", a-t-il accusé sur X.
Une version vivement contestée par les Ukrainiens. "Nous sommes physiquement incapables d'utiliser le Starlink commercial pour des frappes à longue ou moyenne portée", a répondu Serhii Beskrestnov, conseiller de la présidence ukrainienne.
Depuis, les connexions ont été rétablies, mais la polémique n'est pas terminée. L'affaire est même arrivée jusqu'au Congrès américain. Dans une lettre adressée à Elon Musk le 26 octobre, plusieurs parlementaires démocrates lui demandent notamment s'il a discuté d'éventuelles restrictions avec Vladimir Poutine, Donald Trump ou des représentants du gouvernement russe. Les parlementaires ont donné jusqu'au 31 octobre à Elon Musk pour s'expliquer.