Sahara : Revirement de la Russie au Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité de l’ONU vit une situation exceptionnelle. Au menu de la réunion des Quinze de ce vendredi, deux projets de résolutions sur la question du Sahara occidental. Exceptionnellement, la Russie a présenté le sien au vote aux côtés de la mouture rédigée par les États-Unis.
Le texte russe recommande une prolongation du mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2027, sans toucher à ses prérogatives. Pour rappel, le projet américain propose de rebaptiser la mission onusienne en «Mission des Nations Unies pour le Sahara occidental». Il met l’accent sur la réduction des effectifs de la mission, notamment la composante militaire, et la fermeture de certains points d’observation de la MINURSO.
«En présentant ce texte, la partie russe cherche à satisfaire les Algériens qui font pression sur Moscou pour barrer la route à l’adoption du projet rédigé par l’administration Trump, largement favorable au Maroc. En agissant de la sorte, la Russie tente aussi de préserver ses relations avec le Maroc, en évitant de lever son veto lors de la séance de ce vendredi», a expliqué dans des déclarations à Yabiladi une source proche du dossier.
Depuis des semaines, l’Algérie a multiplié les contacts avec la partie russe. Après la réunion de son ambassadeur à Moscou avec un haut diplomate russe, le ministre algérien, Ahmed Attaf, a tenu mardi une réunion de travail avec Sergueï Lavrov. La question du Sahara et la transformation de la MINURSO étaient au cœur de ces rencontres.
La Russie et la Chine avaient pourtant introduit des modifications à la version initiale du projet de résolution. Elles ont notamment concerné les éloges au rôle du président Donald Trump dans la relance du processus de négociations en 2026, après un blocage de 7 années.
À quelques heures de la réunion de ce soir du Conseil de sécurité, toutes les options sont possibles : un compromis entre Washington et Moscou, un veto russe ou une division au sein des Quinze.
Sur la composition de l’instance exécutive de l’ONU, la Russie peut compter sur les soutiens de la Chine et du Pakistan. Les trois pays avaient, d’ailleurs, préféré s’abstenir lors du vote de la résolution 2797 du 31 octobre 2025.