Revue boursière : une semaine noire pour la tech
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Le cycle d'investissement dans l'IA augmente aujourd'hui la nervosité pour de nombreux acteurs. "Les entreprises ne peuvent plus financer ces dépenses uniquement avec leurs flux de trésorerie, ce qui les contraint à s'endetter avec un flux d'émissions de 250 milliards de dollars attendus pour 2026", constate Jorn Veeneman (stratégiste chez JPMorgan AM). "Le modèle d'entreprise, autrefois basé sur une structure légère en capital où chaque dollar était transformé en bénéfice, devient aujourd'hui très intensif en capital". La compétition pour les financements obligataires a entraîné une hausse sensible des taux et des coûts de financement.
Crise de l'euro ?
Cette tension sur les marchés obligataires a toutefois été marquée par un tassement des taux à 10 ans depuis le début octobre. "Face aux incertitudes sur la croissance économique, les émissions souveraines ont retrouvé leur rôle de valeur refuge", estime Lilia Peytavin, "aux côtés de l'or et des placements alternatifs (immobilier, infrastructure, etc.)".
Elle exclut également le retour d'une crise de la zone euro en dépit de l'écartement du taux à 10 ans français par rapport au taux allemand, en raison de la bonne santé du secteur bancaire, du faible niveau des créances douteuses, de taux d'épargne proches des records historiques et d'une gamme d'instruments beaucoup plus puissants à la disposition de la BCE. "Pour la France, l'effort à fournir est considérable et improbable à court terme. Outre la France, la Belgique présente également une vulnérabilité budgétaire notable, avec un déficit plus important qu'au moment de la crise de l'euro".
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Long terme
En prenant une base d'analyse à long terme, les stratégistes estiment que l'IA va constituer le facteur déterminant pour la croissance et le rendement des classes d'actifs pour les 15 prochaines années. À l'horizon 2040, ils mettent en avant un cycle d'investissements colossal (15 000 milliards de dollars) lié à l'IA et au nationalisme économique (défense, réindustrialisation, transition énergétique, etc.), susceptible d'impacter positivement la croissance tant aux États-Unis (+ 0,4 %) qu'en Europe (+ 0,3 %).
"En 2026, c'est la première fois que nos attentes pour les actions des pays développés dépassent celles des marchés émergents, notamment parce que les producteurs de composants électroniques très cycliques, vont être soumis à une forte concurrence", constate Jorn Veeneman. "À l'inverse, la rentabilité des entreprises des pays développés va bénéficier pleinement de l'utilisation et de l'adoption de l'IA", et encore plus particulièrement l'Europe au vu du poids de certains secteurs qui en seront les principaux utilisateurs comme la finance, la santé, l'industrie manufacturière ou la robotique. "Le potentiel de rattrapage de l'Europe est particulièrement élevé, d'autant que les valorisations sont très attractives".
Le top et flop de la semaine
TOP : Eli Lilly
Eli Lilly a annoncé des chiffres spectaculaires pour le troisième trimestre, ses traitements amaigrissants (Mounjaro, Zepbound) ne semblant pas connaître de ralentissement de leur popularité sur le marché américain. La direction a relevé ses attentes pour l'exercice 2026, avec un chiffre d'affaires désormais attendu entre 91 et 92 milliards de dollars, ce qui a motivé des révisions positives des objectifs de cours chez la plupart des grands courtiers américains.
FLOP : Intel
Le titre s'est effondré de près de 30 % à l'ouverture ce vendredi en raison de la faiblesse du marché des PC. C'est le dernier symbole d'une semaine qui aura vu des réactions extrêmement sanguines aux mauvaises nouvelles en provenance du secteur technologique. Ce jeudi, Alphabet avait abandonné plus de 12 %, en dépit d'une bonne performance des activités cloud. La capitalisation boursière a plongé de 467 milliards de dollars en raison de la faiblesse des rentrées publicitaires.