Pour Audrey Fleurot, rien n'était gagné d'avance : retour sur le parcours atypique de l'actrice devenue incontournable
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Pourtant, au départ, rien n'était gagné d'avance. Pendant des années, Audrey Fleurot a fait partie de ces visages que l'on repère immédiatement à l'écran sans pouvoir toujours y mettre un nom. Une présence singulière, une chevelure rousse flamboyante, une élégance naturelle et un regard soutenu d'une grande intensité. Dès le début des années 2000, elle marque les esprits dans des seconds rôles marquants : l'avocate cynique et redoutable Joséphine Karlsson dans Engrenages, la mystérieuse Dame du Lac dans Kaamelott, ou encore la femme complexe qu'elle incarne dans Un village français. Autant de fictions exigeantes qui lui permettent de déployer toute l'étendue de son jeu.
Un statut d'outsider
Malgré ces succès critiques, le milieu du cinéma et de la télévision n'a pas toujours su dans quelle case la ranger. Trop élégante pour certains rôles du quotidien, pas assez classique pour d'autres, elle semblait souvent décalée par rapport aux attentes habituelles. Mais ce statut d'outsider s'est révélé être son meilleur atout. Son phrasé bien à elle, la profondeur de sa voix et son goût pour les personnages nuancés ont fini par créer une signature artistique unique.
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Le tournant grand public arrive au cinéma avec Intouchables en 2011. Même si elle n'y tient qu'un rôle secondaire, le succès phénoménal du film la projette sous le feu des projecteurs. C'est le genre de moment qui peut faire tourner les têtes, mais Audrey Fleurot choisit la patience et la rigueur. Elle préfère continuer d'alterner entre théâtre, télévision et cinéma, guidant ses choix par l'intérêt des rôles plutôt que par la recherche de la célébrité immédiate.
Le succès du "Bazar"
Cette exigence paye lorsqu'elle s'impose dans de grandes fresques populaires. En 2019, avec Le Bazar de la Charité, elle franchit un cap décisif. Dans la peau d'Adrienne de Lenverpré, une femme cherchant à échapper à un mari violent en profitant du tragique incendie de 1897, elle porte avec éclat une ambitieuse production historique. La série rencontre un succès colossal, en France comme à l'international sur Netflix. Audrey Fleurot y prouve qu'elle a la carrure et le magnétisme nécessaires pour porter sur ses épaules des fictions d'envergure, mêlant drame intime et grande Histoire.
Puis vient l'ouragan HPI en 2021. En se glissant dans la peau de Morgane Alvaro — cette mère célibataire au Haut Potentiel Intellectuel, décalée, sans filtre et au look haut en couleur —, elle surprend tout le monde. Elle y déploie une énergie comique débridée et une liberté de jeu impressionnantes. Les audiences s'envolent, battent des records et la série devient un vrai phénomène de société.
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Mais Audrey Fleurot ne s'est pas arrêtée là. Consciente des réalités d'un métier qui manque encore de grands rôles féminins, elle a décidé de prendre les devants en créant sa société de production, Bahia Blanca. C'était une façon de reprendre la main sur sa carrière, de développer des histoires qui lui tiennent à cœur et d'imposer sa propre vision, en coulisses comme devant la caméra.
C'est forte de cette indépendance qu'el
le s'est lancée dans La Comtesse de Monte-Cristo. Elle a d'ailleurs reconnu avoir hésité au départ, craignant qu'il ne s'agisse que d'un changement de façade sans réelle substance. Ce qui l'a convaincue, c'est l'ambition du projet : raconter une histoire mythique sous un autre angle, en donnant enfin à Mercédès Herrera la place centrale et la puissance qu'elle mérite.