Philippe Boxho réagit aux propos de François Pirette
C’est dans les pages du Ciné Télé Revue que François Pirette a exprimé ses critiques à l’encontre de Philippe Boxho : "Lui, c’est une varicelle qu’il me provoque ! Ça me gave l’exposition qu’on donne à ce type vulgaire qui parle de la mort des gens comme si c’était un spectacle. Si on me demande quelle est ma conception de la vulgarité, je répondrai Philippe Boxho."
Interrogé en direct dans C’est vous qui le dites, Philippe Boxho a réagi à ces déclarations : "Ça m’attriste. Parce que ça veut dire qu’il n’a pas compris ce que j’essaie de faire", a-t-il indiqué. Il a ajouté : "La manière de le dire, la manière de le prononcer, la manière de l’écrire, c’est vraiment très violent à prendre dans la figure."
Le médecin légiste assure ne pas connaître personnellement l’humoriste et dit ne pas comprendre ce qui a motivé une telle prise de position. "Il n’y a aucun passif entre nous. Je suis vraiment très étonné de cette réaction de sa part. Je ne vois pas ce qui l’a motivé du tout", a-t-il déclaré. Il précise par ailleurs apprécier le travail de François Pirette : "J’aime bien assister à ces spectacles, voir à la télé aussi."
Sur le fond, Philippe Boxho conteste l’accusation de vulgarité. "Je ne vois pas ce qu’il y a de vulgaire. J’ai posé la question autour de moi à ceux qui me connaissent, qui ont vu ma conférence, à des collègues professeurs d’université. Personne ne trouve ça vulgaire. Peut-être que le mot n’est pas le bon. Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire exactement."
Philippe Boxho explique que ses conférences ont un objectif précis : faire connaître une discipline qu’il juge trop peu visible et alerter les pouvoirs publics sur le manque de moyens du secteur en Belgique. "C’est une conférence où j’explique comment fonctionne la médecine légale, qui est un métier très méconnu et que j’ai voulu sortir de l’ombre, notamment parce qu’en Belgique, nous autopsions dix fois moins que dans les autres pays européens", indique-t-il.
Selon les estimations du SPF Justice, seuls 1 à 2% des décès font l’objet d’une autopsie en Belgique, loin de l’objectif européen de 10%. Environ 70 décès suspects passeraient ainsi inaperçus chaque année. "Je voulais attirer l’attention des gens et du gouvernement là-dessus, parce que nous passons à côté de 70 à 80 meurtres par an", rappelle Boxho. Pour améliorer la situation, les autorités ont financé la création de nouveaux instituts médico-légaux, notamment à Bruxelles et à Louvain. Mais le secteur reste sous pression.
Philippe Boxho revendique une philosophie personnelle qui guide son travail de conférencier et d’auteur. "Je préfère rire de la mort avant qu’elle ne nous sourie", dit-il. Il indique que des psychologues lui ont confié utiliser ses livres avec des patients souffrant de la peur de la mort. "Ça ne les guérit pas, mais ça leur permet au moins d’en sourire et donc d’aller quelque peu mieux."
Il précise que ses conférences visent aussi à transmettre un message plus large : "Ce que j’essaie de faire, c’est d’expliquer aux gens qu’il faut profiter de la vie un maximum parce qu’on ne sait pas quand elle s’arrête. [...] On a cette chance inouïe, c’est celle d’être vivant, et il faut en profiter."
Philippe Boxho a fondé l’ASBL Boxho in Vivo, qui organise ses conférences et reverse les bénéfices à des associations médicales. En septembre 2025, l’association annonçait avoir redistribué 93.000 euros à la recherche médicale depuis sa création fin 2024.