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Midterms 2026 : mission impossible pour les Démocrates au Sénat? Peut-être pas

Économie

La tâche, toutefois, s'annonce rude. Le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans et, cette année, 35 sièges seulement sur 100 sont donc remis en jeu. La géographie électorale favorise, cette fois, le Parti républicain : pour gagner des sièges supplémentaires sans en perdre par ailleurs, les Démocrates devront accumuler les victoires dans une dizaine d'États qui, à deux exceptions près (le Maine et le Minnesota), ont tous été remportés par Donald Trump en 2024. Ils sont donc quasiment condamnés à un sans-faute.

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Le bilan de Donald Trump

En début d'année, les sondages donnaient aux Républicains 67 % de chances de conserver leur majorité au Sénat. Cet avantage n'a cessé de s'éroder depuis, amenant les analystes à considérer que les deux partis sont désormais au coude-à-coude. Les signaux sont brouillés. Les Démocrates ont ainsi essuyé une déconvenue dans le Maine avec l'éviction en juillet de leur poulain, Graham Platner, emporté par une kyrielle de scandales. Mais ils peuvent lorgner de façon inattendue la Caroline du Sud, où la disparition inopinée du vétéran Lindsey Graham, remplacé au pied levé par sa sœur Darline, notoirement inexpérimentée, a rendu le scrutin incertain.

Les Démocrates misent sur l'impopularité record de Donald Trump. Deux tiers des électeurs désapprouvent la manière dont il remplit son mandat. Y compris sa gestion de l'économie, alors que l'ex-homme d'affaires new-yorkais prétend être imbattable sur ce terrain. Et sans oublier sa responsabilité dans l'enlisement humiliant des États-Unis dans leur affrontement avec l'Iran – conflit qu'a déclenché un homme qui se flattait de vouloir mettre fin aux "guerres des Démocrates", et certainement pas en mener de nouvelles.

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Désillusion chez les Républicains

Les Démocrates surfent sur ce bilan désastreux, tandis que la désillusion mine le camp adverse. Celle-ci n'ira pas jusqu'à pousser les partisans inconditionnels de Donald Trump, les militants de son mouvement Maga et, plus généralement, les conservateurs convaincus, à voter pour les Démocrates. Les Républicains modérés et les indépendants, en revanche, seront peut-être tentés. La crise de confiance pourrait aussi encourager l'abstention, une démobilisation qui aurait des effets dévastateurs, alors que les Démocrates ont affiché leur enthousiasme en multipliant les levées de fonds exceptionnelles pour financer leur campagne.

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Pour autant, le pari n'est pas gagné. Les Républicains n'ont besoin que de 50 sièges pour garder leur majorité au Sénat – le vice-président américain, J.D. Vance, en est le président, sans y siéger, et a le pouvoir de départager les deux camps en cas d'égalité lors d'un vote (tie-break). Les Démocrates doivent, par conséquent, obtenir au moins 51 sièges, soit quatre de plus qu'aujourd'hui, ce qui implique non seulement d'en gagner de nouveaux, mais aussi de conserver les sièges en leur possession, ce qui n'est pas garanti. Les analystes républicains tablent sur une progression démocrate d'un à trois sièges, ce qui sauverait de justesse la mise pour le parti présidentiel.

Des positions inconfortables

L'équation est néanmoins compliquée pour les Républicains. Leurs candidats sont dans une position inconfortable. Ils ne peuvent pas trop se distancier du Président, sous peine de perdre le soutien de ses électeurs les plus fidèles. Ils ne peuvent pas davantage revendiquer une proximité avec lui, au risque de détourner les Républicains modérés et les indépendants. De son côté, la Maison-Blanche ne sait pas trop comment traiter les rebelles au sein du parti.

Le Maine, où Susan Collins brigue un sixième mandat de six ans, en fournit une illustration. La sénatrice républicaine est indéniablement un trublion. À telle enseigne que Donald Trump estimait, il n'y a pas si longtemps, qu'elle ne devrait jamais être réélue. Sauver son siège est, toutefois, crucial. "Tout se joue avec Susan Collins", n'avait pas craint d'affirmer Tim Scott, le président du Comité national républicain pour les sénatoriales. Aussi le parti n'a-t-il pas regardé à la dépense pour défendre sa candidature.

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Jusqu'en Alaska…

L'inquiétude des Républicains ne se limite pas à la Nouvelle-Angleterre. Elle est vive aussi en Caroline du Nord. Cet État avait créé une surprise sans lendemain en préférant Barack Obama en 2008, et il n'a plus élu de sénateur démocrate depuis Kay Hagan, en 2008 également. Cependant, si Trump s'y est imposé trois fois, face à Hillary Clinton, Joe Biden et Kamala Harris, ce ne fut jamais qu'avec une différence de 1 à 3 %. Le développement économique, fondé sur les nouvelles technologies, attire une population jeune et progressiste susceptible de voter pour les Démocrates. Le sénateur républicain sortant Thom Tillis ne se représente pas, et tout porte à croire que c'est l'ancien gouverneur démocrate Roy Cooper qui lui succédera.

Le doute est également permis sur des terres qui paraissaient acquises au Parti républicain. Dans l'Ohio, par exemple, où le Démocrate Sherrod Brown avait rempli trois mandats de sénateur avant d'être battu en 2024. Il refait une tentative, cette fois pour enlever le siège qui avait été laissé vacant par J.D. Vance. Ces dernières semaines, l'incertitude s'est mise à planer sur l'Iowa et le Kansas – au cœur d'un Midwest qui subit les contrecoups de la guerre commerciale menée par Donald Trump contre le Canada.

Il n'est pas jusqu'en Alaska, où le sénateur républicain sortant Dan Sullivan affronte Mary Peltola. En 2022, celle-ci avait écrit une page d'histoire en devenant non seulement la première Démocrate envoyée par l'Alaska à la Chambre des représentants, mais aussi la première autochtone de l'Alaska à siéger au Congrès. Elle n'a, toutefois, pas été réélue en 2024 et l'État demeure solidement républicain. Cependant, d'aucuns notent que, depuis son adhésion à l'Union en 1959, l'Alaska a élu au Sénat autant de Démocrates que de Républicains…

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La quête du Graal au Texas

La Géorgie cause, elle aussi, du tourment – aux deux partis. Seul sénateur démocrate à se représenter dans un État que Donald Trump a remporté en 2024 (après la victoire inattendue de Joe Biden quatre ans plus tôt), Jon Ossoff fait figure de candidat fragilisé. Mais l'homme a des ressources, comme il l'a montré lors de son élection en 2020 : sa victoire à l'arraché offrit alors aux Démocrates le siège qu'il leur fallait pour s'assurer la majorité au Sénat. Il défend, cette fois, une position que les Démocrates ne peuvent pas se permettre de perdre.

C'est finalement un champ de bataille a priori improbable qui pourrait faire pencher la balance : le Texas. Le deuxième État le plus peuplé du pays n'est plus la forteresse républicaine de jadis. On se rappelle qu'à la sénatoriale de 2018, le Démocrate Beto O'Rourke fut bien près de battre Ted Cruz – à peine 219 000 voix d'écart, soit 2,6 % des suffrages.

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Cette année, un pasteur presbytérien de 37 ans, James Talarico, entend démontrer que les Républicains n'ont pas le monopole des valeurs chrétiennes au Texas. Ses chances de l'emporter ont significativement augmenté maintenant que ce Démocrate conservateur affronte le procureur général, Ken Paxton, un personnage controversé qui avait échappé de peu à une destitution en janvier 2024, et non pas le sénateur sortant John Cornyn, snobé par Donald Trump. À en croire les sondages, les Démocrates pourraient enlever, grâce à Talarico, un siège décisif.

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