DAX -0,72 % 25.852,46 Pkt 15:01:07 MDAX -0,19 % 30.740,28 Pkt 15:01:06 Euro Stoxx 50 +0,24 % 6.145,75 Pkt 15:01:00 Dow Jones -1,34 % 51.770,31 Pkt 21:47:53 S&P 500 -2,12 % 7.580,07 Pkt 21:47:43 Nasdaq -4,19 % 25.437,00 Pkt 22:15:59 Nikkei -0,33 % 63.081,86 Pkt 07:45:03 Gold +1,42 % 3.954,10 USD 15:06:05 Silber +3,21 % 50,86 USD 15:06:04 Brent -6,00 % 106,62 USD 15:06:04 WTI -6,18 % 97,69 USD 15:06:05 Bitcoin -0,66 % 77.728,33 USD 15:16:01 EUR/USD +0,30 % 1,12170 USD 15:15:29 EUR/GBP +0,04 % 0,83610 GBP 15:16:06 EUR/CHF -0,18 % 0,91920 CHF 15:16:05 EUR/JPY +0,26 % 176,926 JPY 15:16:05

Le prestigieux Ballon d'Or en pleine tempête : "Cette affaire ne fait que commencer"

Sport

"Seules 3 à 5 personnes sont censées connaître le résultat du Ballon d'Or à l'avance", expliquait au média Brut Vincent Garcia, rédacteur en chef de France Football, quelques heures avant la cérémonie 2026. Il ajoutait : "À partir du moment où 3, 4, 5 personnes sont dans la boucle, le risque de fuite n'est pas nul."

Des mouvements de paris qui alertent

Polymarket est une plateforme de "marchés prédictifs" : on y parie sur la réalisation d'un événement réel, une élection, un conflit, le cours d'une cryptomonnaie ou le vainqueur du Ballon d'Or.

Chaque issue se vend sous forme de "part", dont le prix, entre 0 et 1 dollar, reflète la probabilité estimée par les parieurs. Une part à 7 centimes, c'est 7 % de chances selon le marché. Si l'événement a lieu, elle rapporte 1 dollar, sinon elle ne vaut plus rien.

À lire aussi

Harry Kane remporte le ballon d'or: que pourrait-il empocher ? Voici quelques indices

Les prix suivent l'offre et la demande, sans bookmaker. La plateforme tourne sur la blockchain Polygon, avec une monnaie numérique indexée sur le dollar. Aucune pièce d'identité n'est demandée. Toutes ses transactions sont visibles publiquement sous un pseudo. Et si ce pseudo est un jour relié à une personne, tout son historique lui est attribué.

Raphaël Pautard est le CEO d'Upside, le média spécialisé qui a révélé l'affaire. Son équipe surveille les marchés prédictifs sur le sport et la politique. Leur intérêt tient à l'argent engagé : les parieurs risquent leur mise, ce qui rend les marchés, selon lui, plus fiables que les sondages.

Deux semaines avant la cérémonie, des alertes de volumes inhabituels se déclenchent. "Des achats répétés qui nous ont mis la puce à l'oreille, résume-t-il. Les ordres d'achat sont très précis et méticuleux." Le déclic vient du 19 octobre, quand Polymarket ouvre des marchés sur la place exacte de chaque joueur. Les mêmes parieurs se positionnent sur la 1re, la 2e et la 3e place, sans suivre l'ordre naturel du classement. Les mises passent de 500 ou 1 500 dollars à 15 000, puis 30 000 dollars. Le vendredi 23 octobre vers 17 heures, Upside publie le top 5 tel que le dessine le marché.

Douze comptes, un même scénario

L'enquête d'Upside a identifié douze comptes créés entre le 1er et le 20 octobre, qui ont misé 264 000 dollars sur les marchés du Ballon d'Or 2026. Sept n'ont parié sur aucun autre marché et six ont placé leurs mises dans les 15 minutes suivant leur création. Tous ont misé sur le même classement : Kane, Mbappé, Yamal, Rodri, Messi.

Aucun transfert d'argent ne relie ces comptes. C'est leur méthode qui les rapproche, explique Raphaël Pautard : les mêmes achats, le même jour, à la même heure, dès l'ouverture des marchés, avec de petits décalages entre comptes. Des 'clusters' se forment ainsi. Ces comptes ont empoché plus de 200 000 dollars.

"Il y a aussi un compte qui a changé de nom mais a gardé la même adresse de portefeuille, révèle-t-il. Pour lui, cela trahit une exécution "semi-pro" : une bonne base, mais des pros auraient mieux brouillé les pistes."

"Kallipso", trois vainqueurs sur trois

Une seconde enquête d'Upside porte sur un compte plus ancien, "Kallipso". Créé en octobre 2024, il a misé sur Rodri en 2024 (acheté à 7 centimes, soit environ 15 fois la mise), sur Dembélé en 2025 et sur Harry Kane en 2026. Il cumulait près de 50 000 dollars de gains au 31 octobre. Il a acheté sa première part de Kane le 28 septembre à 23h59, une minute avant la clôture du vote du jury.

Kallipso diffère des douze autres, précise Raphaël Pautard : il mise de manière indépendante. Le compte n'avait toutefois pas le top 5 complet, aucun transfert d'argent ne le relie aux douze comptes, et ses paris de 2025 portaient sur des favoris. Selon Raphaël Pautard, la cote monte quand l'édition est serrée, comme celle de Rodri en 2024. Son identité reste à ce stade inconnue et rien ne prouve qu'il ait eu une information confidentielle. "Quoi qu'il arrive, cette affaire ne fait que commencer", estime-t-il, car les paris suspects pourraient remonter à 2025, voire 2024.

À lire aussi

Qui sont les 18 Belges à avoir reçu des voix ? Qui a été le mieux représenté entre Anderlecht et le Standard ? Les "belges" affaires du Ballon d'or

Une plainte attendue ce lundi

Face à ces mises, France Football a mandaté la police et mène aussi une enquête interne. Le groupe Amaury, propriétaire du magazine français, suspecte des "fuites de résultats de paris potentiellement frauduleux". La rédaction fait partie du très petit cercle qui connaît le classement avant la cérémonie. Selon La Dernière Heure, le nom du lauréat circulait par ailleurs le jour même de la cérémonie, avant son annonce officielle.

Une plainte devait être déposée ce lundi matin devant la justice. Du côté de France Football et du groupe Amaury, propriétaire notamment du Tour de France et du Dakar, certaines sources décrivent une organisation prise au dépourvu. Le groupe n'aurait pas mesuré la menace au départ, puis aurait réagi dans l'urgence.

Un indice de plus : les résultats du vote des journalistes, normalement publiés le samedi, l'ont été le vendredi soir, à une heure inhabituelle, ce qui peut être vu comme un signe de panique. Le groupe n'a pas non plus précisé si la fuite pouvait venir de chez lui. Pour Raphaël Pautard, ce silence d'un grand groupe est étonnant et nourrit forcément les soupçons. Upside affirme n'avoir reçu aucune réponse de France Football malgré ses demandes. Aujourd'hui, les réactions dépassent en tout cas largement le cercle des comptes spécialisés.

Car si ces transactions ne prouvent pas une fuite, elles posent des questions précises sur ce que ces parieurs savaient. Comment protéger un résultat déjà écrit quand une plateforme propose de parier dessus ? Au-delà de la confidentialité, il reste à comprendre ce qui s'est réellement passé. Les parieurs disposaient-ils de l'information avant ? La fuite vient-elle d'une personne en interne, est-elle liée à un piratage ? Une personne ou plusieurs agissaient-elles ensemble ?

France Football compte laisser la justice faire son travail, et l'enquête va suivre son cours. Pour rappel, la peine encourue en cas de délit d'initié est de cinq ans de prison et peut aller jusqu'à 100 millions d'euros d'amende.

← Retour aux actualités

Prêt pour votre e-mail gratuit ?

512 Mo de stockage, webmail moderne et portail d'actualités — commencez gratuitement.

Inscrivez-vous gratuitement