DAX -0,72 % 25.852,46 Pkt 15:01:07 MDAX -0,19 % 30.740,28 Pkt 15:01:06 Euro Stoxx 50 +0,24 % 6.145,75 Pkt 15:01:00 Dow Jones -1,34 % 51.770,31 Pkt 21:47:53 S&P 500 -2,12 % 7.580,07 Pkt 21:47:43 Nasdaq -4,19 % 25.437,00 Pkt 22:15:59 Nikkei -0,33 % 63.081,86 Pkt 07:45:03 Gold +1,42 % 3.954,10 USD 15:06:05 Silber +3,21 % 50,86 USD 15:06:04 Brent -6,00 % 106,62 USD 15:06:04 WTI -6,18 % 97,69 USD 15:06:05 Bitcoin -0,66 % 77.728,33 USD 15:16:01 EUR/USD +0,30 % 1,12170 USD 15:15:29 EUR/GBP +0,04 % 0,83610 GBP 15:16:06 EUR/CHF -0,18 % 0,91920 CHF 15:16:05 EUR/JPY +0,26 % 176,926 JPY 15:16:05

L’arrivée du Moby Train à Van Praet retardée de trois ans

Divertissement

Le Moby Train a du retard. Annoncé en gare de Van Praet, plus précisément sur le rond-point face à l’entrée du centre commercial Docks, en 2026, il n’illuminera pas l’espace avant 2029 si l’on en croit l’un de ces concepteurs, François Schuiten. C’est le célèbre scénographe et auteur de bandes dessinées ("Les Cités obscures", "Les Terres creuses"…) qui a imaginé cette sculpture monumentale, mariage puissant entre une locomotive et une baleine, avec l’artiste français Pierre Matter. Un phare pour cette entrée de la ville, jonction entre Laeken et Schaerbeek, non loin du Train World, de la gare de Schaerbeek et du canal… Un rappel aussi de l’univers de l’écrivain Herman Melville et de l’un de ses romans, "Moby Dick".

Le retard sera donc de trois ans pour ce projet annoncé en mars 2023 par le ministre alors en charge de l’image de Bruxelles, Sven Gatz (Anders). Un nouveau gouvernement a depuis été mis en place avec pour priorité de réaliser d’importantes économies. Le projet Moby train estimé à 2,5 millions d’euros est piloté par la SNCB mais financé à 80% par la Région bruxelloise. Celle-ci aurait pu couper le robinet et alloué l’enveloppe à d’autres dossiers. Il y a quelques jours, Ans Persoons (Vooruit), la secrétaire d'Etat en charge actuellement de l’image de Bruxelles, a garanti le soutien régional, comme nous le confirme son cabinet.

Dans un courrier, celle-ci écrit que "les moyens financiers actuellement disponibles sont suffisants pour mener à bien les prochaines phases du projet". Elle ajoute que même si le projet est un engagement de l’ancien gouvernement régional, le gouvernement actuel le "respectera" les engagements de la Région "concernant la poursuite de ce projet en tenant compte du calendrier prévu et des besoins du projet". Une satisfaction pour François Schuiten.

François Schuiten, avez-vous craint l’abandon de ce projet ?

Cela fait plus de dix ans que nous travaillons d’arrache-pied pour que ce projet réponde à toutes les contraintes d’un site comme celui-là, pour qu’il réponde aussi à la pérennité qu’on attend d’un objet sur ce lieu-là. C’est vrai : les délais sont longs. Il y a la collaboration d’un grand créateur d’éclairages, d’une paysagiste, d’ingénieurs, sans oublier Pierre Mater, le sculpteur. C’est toute une équipe qui est concernée avec le service du patrimoine historique de la SNCB, qui supervise le projet pour que tout cela se fasse dans les règles.

La sculpture est-elle malgré tout déjà finalisée ?

Non. En fait, nous disposons d’une très vieille carcasse d’une "Gros Nez". En d’autres termes : le carénage d’une ancienne locomotive diesel 5204 vouée à la ferraille. Il ne reste plus rien à l’intérieur. Il n’y a plus de moteur et la carrosserie elle-même est en mauvais état. On se demande même si on ne va pas devoir réaliser une copie, mais par contre conserver tous les éléments qui la particularisent.

Une demande de permis d’urbanisme a-t-elle déjà été déposée ?

Cela sera fait au moment où le contrat sera signé par la SNCB qui chapeaute le projet. A ce moment-là, cela va s’accélérer. Je ne vous cache pas que ce sont de longues années d’attente.

La Région bruxelloise connaît d’importantes difficultés financières. Avez-vous craint qu’elle ne puisse plus financer votre sculpture ?

Oui, bien sûr, même si nous avons lancé ce projet il y a de nombreuses années. Vu la conjoncture, c’était extrêmement difficile et inquiétant. Ce projet va désormais voir le jour avant les 200 ans de la Belgique en 2030. Cela marquera un peu cet anniversaire. Nous avons des arguments à faire valoir, comme cette zone du canal qui aura une autre allure. Puis, le site est un point d’entrée dans Bruxelles. Ce projet a du sens dans un quartier où a été mise en service la première ligne ferroviaire d’Europe, Bruxelles-Malines, en 1835 et où se trouve le musée du Train, le Train World.

Prendre autant de temps pour un projet comme celui-ci, est-ce courant ?

En mars 2025, nous avons finalisé avec Pierre Mater, le Nautipoulpe, la sculpture géante en forme de poulpe qui incarne l’univers de Jules Verne à Amiens. Le Nautipoulpe a été plus au moins pensé au même moment que le Moby Train. Et oui, cela prend beaucoup de temps, cela coûte de l’argent. Il faut avoir l’humilité d’accepter ce temps-là et de prendre en compte toutes les contraintes. Au-delà, il faut envisager la pérennité de l’œuvre, il faut qu’elle dure. C’est un investissement qui doit être pérenne. C’est vrai qu’en Belgique, il y a des particularités qui font que c’est un peu plus long qu’ailleurs.

Dépenser aujourd’hui 2,5 millions pour une sculpture dans l’espace public, comprenez-vous qu’avec les restrictions imposées à tous les niveaux, c’est un montant qui puisse interpeller ?

Le problème de l’argent ne doit pas être présenté au travers du chiffre. Il faut plutôt se demander : où ira l’argent, qui va travailler à cela, quelle valeur ajoutée cela va-t-il générer ? Pour le Nautipoulpe, nous avons fait travailler une fonderie dans l’Est de la France, près d’Épinal. Les politiques locaux ont vu ce qu’il y avait de positif à maintenir une fonderie en activité au travers de projets ambitieux. En termes d’image, de rentabilité, le Nautipoulpe apporte beaucoup à Amiens. Il ne faut donc pas être obnubilé par le montant. Il faut voir ce que cela produit. Je vous assure qu’il y a toute transparence pour mettre en avant tous les corps de métier, tous les artisans, les ingénieurs… Cet argent va faire travailler non seulement des gens de qualité mais va aussi produire de l’image. Et Bruxelles a bien besoin qu’on valorise son image avec l’imaginaire de Bruxelles, qu’on ne voit pas assez, qu’on ne sent pas assez. C’est une ville multi-imaginaire, je dirais même. Et il va falloir qu’on mette ça en avant parce que la seule logique de rentabilité ne peut pas lui donner tout le lustre qu’elle mérite. Et c’est aussi ça notre travail : montrer à quel point cette ville est fantastique. Lui offrir des éléments emblématiques, pour nous, toutes proportions gardées, c’est une petite mission qu’on se donne. Donner quelques petites étoiles à Bruxelles qui font rêver un peu et qui la font briller. C’est peut-être ce qui a permis de passer au travers des fourches caudines des difficultés économiques qu’on traverse aujourd’hui. Les décideurs se sont peut-être dits : ce projet vaut la peine d’investir des sous, de faire un effort…

← Retour aux actualités

Prêt pour votre e-mail gratuit ?

512 Mo de stockage, webmail moderne et portail d'actualités — commencez gratuitement.

Inscrivez-vous gratuitement