La Mazda CX6e est une vraie Mazda, malgré une technologie embarquée énervante (Essai auto)
Trop d'écran tue l'écran !
Ce qui a moins convaincu votre serviteur comme son entourage, c'est la numérisation de l'habitacle. Mazda a privilégié une présentation très épurée avec une console centrale flottante et une planche de bord dominée par un immense écran panoramique de 26 pouces, au format 32/9 (soit la double longueur d'un format classique). Il regroupe l'instrumentation dans sa partie supérieure gauche, heureusement doublée d'un afficheur tête-haute dans le pare-brise face au conducteur. Le multimédia peut quant à lui s'afficher au centre ou face au passager avant, qui pourra donc se charge de la destination ou de l'ambiance sonore. Mais cet écran n'a toutefois qu'un intérêt limité, et il est malheureusement impossible de l'éteindre indépendamment de la partie centrale. Les possibilités de personnalisation sont nombreuses, mais la logique des (sous-)menus n'est pas toujours la plus aisée à comprendre. Et bien entendu, cette débauche numérique s'accompagne d'une disparition quasi totale des commandes physiques. Mazda a toutefois eu la bonne idée de remettre un véritable commodo d'essuie-glaces, contrairement à la 6e. En revanche, en optant pour la finition haut de gamme Takumi Plus, les rétroviseurs sont remplacés par des caméras qui renvoient leur image dans deux écrans situés dans les contreportes.
Cet intérieur conserver aussi de nombreux rangements, dont un compartiment réfrigéré dans l'accoudoir central.
L'habitabilité est généreuse, y compris à l'arrière où de grands adolescents voyageront confortablement. Mais le coffre déçoit davantage avec ses 363 litres annoncés, même si ses formes régulières le rendent très exploitable. Heureusement, un vaste coffre avant de plus de 80 litres complète l'ensemble.
Une vraie Mazda sur la route
Techniquement, ce CX6e a été conçu en partenariat avec le constructeur chinois Changan. Sur la route, c'est plutôt une bonne surprise : le CX-6e conserve une bonne partie de l'ADN Mazda. La direction se montre précise, incisive et même relativement communicative, ce qui devient rare sur un SUV électrique, à fortiori développé en Chine. Le châssis affiche également une belle agilité, avec des mouvements de caisse bien maîtrisés et des suspensions suffisamment fermes pour contenir le poids, sans sacrifier le confort. Sur les routes sinueuses, le CX-6e se révèle ainsi particulièrement agréable à mener. Il ne transforme évidemment pas les trajets familiaux en spéciales de rallye, mais il fait partie des SUV électriques les plus plaisants à conduire de sa catégorie.
Une électronique envahissante
Malheureusement, cette belle mise au point est contrariée par une électronique bien trop envahissante, et notamment des aides à la conduite très intrusives. Certes, leurs interventions sont moins brutales que sur la berline 6e, mais les alertes restent nombreuses et leur paramétrage ou leur désactivation implique plusieurs recours à l'écran, qui doivent être réitérés à chaque démarrage. Plus agaçant encore, la récupération d'énergie ne dispose ni de palettes au volant ni d'un mode B. Pour en modifier l'intensité, il faut passer par plusieurs menus de l'écran central. Autant d'opérations d'autant plus paradoxales que la voiture rappelle rapidement au conducteur de regarder la route lorsqu'il la quitte des yeux pour pianoter sur cet écran.
Verdict 14/20
Si l'on s'en était tenu à son design séduisant, son habitabilité généreuse et son comportement routier dynamique, le Mazda CX-6e aurait obtenu une note bien plus élevée. D'autant que si sa batterie de 78 kWh qui promet jusqu'à 484 km d'autonomie, et sa recharge rapide à 200 kW (10 à 80 % en 24 minutes) n'ont rien de fondamentalement exceptionnel, ces chiffres se montrent assez conforme à ce que nous avons pu mesurer durant notre essai.
Mais l'ergonomie de son multimédia, son écran omnipotent et ses alertes incessantes auront de quoi mettre les nerfs à rude épreuve. Espérons que Mazda nous entende et apporte les corrections nécessaire via une prochaine mise à jour à distance. Car par ailleurs, à 46.290 € en finition Takumi, ce CX6e affiche également un positionnement tarifaire intéressant face à la concurrence.
Ses bons côtés
- Son comportement routier précis et agile tel qu'on l'attend d'une Mazda
- Son design aux courbes élégantes et travaillées dans les bonnes habitudes de la marque
- Son rapport prix/prestations convaincant, tant en matière d'équipement que d'autonomie
Mazda CX-6e
Longueur : 4,850 m
Largeur : 1,935 m
Hauteur : 1,620 m
Volume du coffre : 363 l + 83 l (avant)
Puissance : 258 ch
Couple : 290 Nm
Batterie : 78 kWh (LFP)
Autonomie WLTP : 484 km (jantes 19 pouces)
Consommation WLTP : 18,9 kWh/100 km
Consommation essai : 19,2 kWh/100 km
Accélération (0-100 km/h) :7,9 s
Vitesse maximale : 185 km/h
Prix de base : 46.290 € TVAC