La Belgique cède le chasseur de mines Bellis à la Bulgarie
La cérémonie de transfert à la Bulgarie du Bellis s’est déroulée le 30 octobre 2026 à la base navale de Zeebrugge, où le bâtiment était stationné depuis sa mise en service en 1986 au sein de la marine belge. Il pourra rejoindre la Bulgarie via les détroits turcs, ceux-ci restant ouverts en temps de guerre (comme c’est le cas depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022) aux unités militaires des pays riverains de la mer Noire qui ne font pas partie des belligérants. Les trois derniers CMT dont dispose la Belgique, les Crocus (1987), Lobellia (1989) et Primula (1991) seront également transférés à la Bulgarie, de même que trois unités de ce type encore en service dans la marine néerlandaise, les Schiedam (1986), Zierkzee (1987) et Willemstad (1989).
La cession de ces sept CMT, qui commence avec le Bellis et doit s’effectuer progressivement d’ici la fin 2028, va permettre à la Bulgarie de renforcer sensiblement ses capacités de guerre des mines et, par là même, celles de l’OTAN en mer Noire, où la guerre entre la Russie et l’Ukraine a sensiblement augmenté les besoins en matière de déminage. L'enjeu est, notamment, de garantir la sécurité des flux maritimes commerciaux et l'accès aux ports de commerce.
Bien qu’anciens, ces bâtiments offrent encore de solides capacités pour la détection et la neutralisation de mines. Longs de 51.6 mètres pour une largeur de 8.9 mètres et un déplacement de 600 tonnes à pleine charge, les CMT, réalisés intégralement en matériaux composites amagnétiques, peuvent atteindre la vitesse de 15 nœuds et sont armés par 55 marins, dont une équipe de plongeurs-démineurs. Ils disposent d’un sonar de coque rétractable TSM 2022 pour détecter et classifier les mines, ainsi que de robots téléopérés pour leur identification et leur destruction.
Les CMT sont le fruit d’un programme tripartite lancé à la fin des années 70 par la Belgique, la France et les Pays-Bas. En tout, 40 unités de ce type ont été construites, soit 15 pour la marine belge, 15 pour la marine néerlandaise et 10 pour la marine française. Cette dernière avait racheté trois CMT belges en 1997, portant sa flotte à 13 chasseurs de mines. Il ne lui en reste plus que huit aujourd’hui et, avec le désarmement prévu cette année de l’Andromède, cette flotte va tomber à sept unités, qui doivent rester en service jusqu’en 2030 (Pégase, Croix du Sud, L’Aigle, Lyre, Céphée), 2031 (Capricorne) et 2032 (Sagittaire). Ils vont être remplacés par quatre à six nouveaux bâtiments de guerre des mines (BGDM) qui seront commandés d’ici 2028 pour des livraisons prévues entre 2031 et 2034 pour les quatre premiers.
Le design des BGDM sera basé sur celui des douze nouveaux porte-drones de guerre des mines belgo-néerlandais. Ces bâtiments de 82.6 x 17 mètres et 2800 tpc ont été commandés en 2019 à Belgium Naval & Robotics (BNR), filiale de Naval Group et Exail. Le premier conçoit les plateformes alors que le second livre les systèmes robotisés qui les équipent. La construction des navires, soit six pour la Belgique et six autres pour les Pays-Bas, a été confiée à Kership (société commune de Piriou et Naval Group). Après la livraison de la tête de série, l’Oostende (B), en octobre 2025 puis de son premier jumeau, le Vlissingen (PB) en février 2026, la deuxième unité belge de la série, le Tournai, a rejoint Zeebrugge en septembre. Entre décembre 2026 et janvier 2027, ce sera au tour du Scheveningen d’être réceptionné par les Pays-Bas. Les huit autres bâtiments seront achevés entre 2027 et 2030.
Voir notre dernier point complet sur le programme rMCM
Voir notre reportage à bord de l'Oostende