Jugés pour la mort de leur enfant privé de soins
Esekia était lourdement handicapé en raison d'une maladie diagnostiquée à l'âge de six mois. Il avait besoin d'une tierce personne pour tous les actes de la vie quotidienne. Il lui était impossible de marcher. Il était incontinent. Il ne parlait pas et n'avait pas de langage. Sa nourriture devait lui être mixée et les boissons lui étaient données au biberon. Il devait recevoir des compléments alimentaires et devait impérativement prendre de l'Artane, un médicament pour réduire ses mouvements incontrôlés.
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Des manquements anciens
Depuis l'âge de 3 ans, il fréquentait Yapaka, un centre d'accueil spécialisé pour jeunes non scolarisés à raison de trois jours par semaine. Depuis février 2023, Yapaka avait mis fin à son séjour car les parents ne collaboraient pas au suivi médical et thérapeutique et ne payaient plus.
Par le passé, Yapaka avait déjà averti le SAJ (Service d'aide à la jeunesse) des manquements des parents. En avril 2023, le SAJ avait demandé la judiciarisation du dossier. Une audience avait été fixée le 1er juin 2023 devant le tribunal de la jeunesse, soit deux jours après de décès d'Esekia.
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La perquisition réalisée a mis en évidence des conditions d'hygiène déplorables. Entendue, la mère a reporté la responsabilité de l'absence de soins, de l'alimentation, des consultations médicales annulées et de l'absence de médicaments sur son compagnon. Elle a avancé comme justification le fait qu'elle travaille, à l'inverse de ce dernier.
Interrogée sur le fait de savoir si son fils a bénéficié des soins dont il avait besoin, elle a répondu que "sur la fin, ces derniers mois, non".
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Le père admet ne rien avoir mis en place au niveau des soins médicaux pour son fils depuis la sortie du centre Yapaka. Tout comme la mère, il reconnaît qu'Esekia ne prenait plus ni médicaments ni compléments alimentaires.
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Les médecins, qui n'avaient plus vu Esekia depuis septembre 2022, ont insisté sur l'absentéisme récurrent des parents. Esekia, a montré l'enquête, était régulièrement soigné et nourri par ses frères et sœurs.
Inculpés par le juge d'instruction, Gilles Viaene et Marjorie Brizard devront répondre d'assassinat devant la cour d'assises du Hainaut. Leur procès débute lundi.