Industrie européenne : il est moins une face à un Trump qui manie l'art de la carotte et du bâton
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Ne soyons pas naïfs. Les arbitrages des états-majors des grandes multinationales de l'automobile se décident sans états d'âme à l'échelle de la planète.
Le président américain Donald Trump, adepte de la logique transactionnelle, le sait mieux que personne et joue sa partition, en maniant la carotte – des aides et des incitants financiers ou fiscaux pour attirer des investisseurs sur le sol américain – et le bâton avec les droits de douane. Face à ces droits de douane américains à 25 % sur les véhicules importés, plusieurs constructeurs américains et étrangers relocalisent ainsi désormais partiellement leur production aux États-Unis.
Biden avant Trump
La même logique prévaut dans le secteur pharmaceutique.
La Belgique vient d'ailleurs d'en faire la cruelle expérience avec l'annonce de la restructuration chez GSK qui menace plus de 1 200 emplois alors que le groupe britannique a annoncé, ces derniers mois, plusieurs investissements conséquents outre-Atlantique.
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Il serait réducteur de croire que cette logique prédatrice américaine est l'apanage du seul Donald Trump. Son prédécesseur Joe Biden avait, lui aussi, avec l'Inflation Reduction Act (IRA), mis en place un mécanisme pour créer un appel d'air vers les États-Unis en offrant aux industriels étrangers des subventions massives.
Cinq ans pour agir
Dans cette bataille mondiale, où la Chine fausse également les règles du jeu, l'Europe, fragilisée par l'envolée des coûts de l'énergie, ne peut rester au balcon.
Même si les marges budgétaires des États sont réduites à néant, la priorité doit être donnée à la mise en place d'une véritable politique industrielle européenne de nature à préserver nos secteurs stratégiques.
Notre prospérité et nos emplois sont en péril. Mario Draghi, ancien patron de la Banque centrale européenne, le disait en 2024 lors de la présentation d'un rapport sur la compétitivité : l'Europe a cinq ans pour agir. Il est moins une.