DAX +0,44 % 25.818,21 Pkt 18:00:00 MDAX +0,15 % 30.472,32 Pkt 18:00:00 Euro Stoxx 50 -1,22 % 6.131,31 Pkt 18:00:00 Dow Jones -1,34 % 51.770,31 Pkt 21:47:53 S&P 500 -2,12 % 7.580,07 Pkt 21:47:43 Nasdaq -4,19 % 25.437,00 Pkt 22:15:59 Nikkei -2,12 % 63.290,11 Pkt 07:45:03 Gold 0,00 % 3.898,90 USD 21:59:59 Silber +0,36 % 49,28 USD 21:59:59 Brent -3,58 % 113,43 USD 21:59:57 WTI 0,00 % 104,12 USD 21:59:59 Bitcoin +0,38 % 77.738,99 USD 06:31:29 EUR/USD +0,09 % 1,11660 USD 22:29:29 EUR/GBP -0,44 % 0,83320 GBP 22:27:29 EUR/CHF -0,32 % 0,92060 CHF 06:21:10 EUR/JPY -0,23 % 175,650 JPY 06:21:10

Face à l'IA, attendre que l'État protège ou crée votre emploi ne suffira pas. Qu'attendons-nous de nous-mêmes ?

Technologie

À force d'attendre l'État, on oublie d'agir

Nous vivons dans une société où il est devenu naturel de demander toujours davantage à l'État. Nous attendons qu'il protège notre pouvoir d'achat, qu'il garantisse l'accès à l'emploi, qu'il finance la formation, qu'il facilite la création d'entreprise, qu'il soutienne l'innovation et qu'il préserve notre modèle social. Ces attentes ne sont ni excessives ni illégitimes. Une société moderne a besoin d'institutions solides capables d'investir dans l'enseignement, les infrastructures, la recherche et la compétitivité économique, tout en protégeant les personnes les plus vulnérables.

Pourtant à mesure que nous allongeons la liste de ce que nous attendons des pouvoirs publics, une question mérite d'être posée : qu'attendons-nous encore de nous-mêmes ?

Notre responsabilité individuelle diminue

Depuis plusieurs années, au contact quotidien des entreprises, des dirigeants, des indépendants et des candidats que j'accompagne, j'observe une évolution qui me paraît parfois plus préoccupante encore que l'inflation, les tensions économiques ou les bouleversements technologiques. Nous semblons progressivement déléguer à d'autres une part croissante de notre responsabilité individuelle.

Nous attendons de l'État qu'il nous subventionne, de l'entreprise qu'elle assure notre employabilité, de l'école qu'elle garantisse notre avenir professionnel, de l'algorithme qu'il nous indique les bonnes décisions à prendre et, parfois, du recruteur qu'il construise lui-même notre carrière.

À lire aussi

Les jeunes diplômés doivent-ils paniquer face à l'IA ?

Ces attentes comportent une part de vérité. Aucun individu n'évolue seul. Nos trajectoires dépendent aussi de notre environnement, des opportunités qui nous sont offertes et du cadre collectif dans lequel nous évoluons mais aucune institution, aucun employeur, aucune technologie et aucun gouvernement ne pourra durablement se substituer à notre propre capacité d'agir.

Intelligence artificielle et compétences périmées

Cette réflexion est d'autant plus importante à une époque où les mutations s'accélèrent… L'intelligence artificielle transforme déjà de nombreux métiers. Des compétences qui étaient considérées comme essentielles hier deviennent parfois secondaires aujourd'hui. De nouveaux besoins apparaissent tandis que certains repères disparaissent. Face à ces changements, deux attitudes sont possibles : attendre que le monde se stabilise ou décider d'évoluer avec lui.

Après plus de quinze ans passés à observer le marché du travail, je n'ai jamais rencontré une personne dont la trajectoire professionnelle a été transformée uniquement par une décision politique ou une amélioration du contexte économique. En revanche, j'ai rencontré de nombreuses femmes et de nombreux hommes qui ont changé leur destin parce qu'ils ont accepté de se former, d'acquérir de nouvelles compétences, de changer de secteur, de créer leur activité ou simplement de saisir une opportunité imparfaite plutôt que d'attendre une occasion parfaite qui n'arrivait jamais.

À lire aussi

L'IA au travail

La prospérité d'un pays ne se construit pas uniquement dans les cabinets ministériels. Elle naît également dans les PME qui innovent, dans les commerces qui se développent, dans les ateliers qui produisent, dans les associations qui créent du lien et dans toutes les initiatives qui transforment une idée en projet concret. Derrière chaque entreprise créée et derrière chaque emploi généré se trouvent des femmes et des hommes qui ont accepté de prendre un risque, d'investir leur énergie et parfois de surmonter plusieurs échecs avant de réussir.

Une solidarité indispensable qui doit rester durable

Naturellement, les circonstances ne sont pas identiques pour tous car certains démarrent avec davantage de ressources, de réseau ou de sécurité que d'autres… et c'est précisément pour cette raison que la solidarité demeure indispensable. Une société juste doit continuer à protéger celles et ceux qui sont confrontés à la maladie, au handicap, à la précarité ou aux accidents de la vie.

Néanmoins, cette solidarité ne peut être durable que si elle s'appuie sur une économie capable de créer de la richesse. Et cette richesse n'est pas produite par l'État seul. Elle résulte du travail, des compétences, de l'esprit d'entreprise et de l'engagement quotidien de millions de citoyens.

Nous avons parfois tendance à opposer responsabilité individuelle et solidarité collective. C'est pourtant une fausse opposition. Une société prospère lorsque les deux se renforcent mutuellement. Un État efficace n'est pas un État qui fait tout à notre place. C'est un État qui donne à chacun les moyens de faire davantage par lui-même, grâce à un enseignement exigeant, une fiscalité lisible, une administration plus simple et un environnement qui encourage l'initiative plutôt qu'il ne la décourage.

Le véritable danger ? Le fatalisme !

Le véritable danger est peut-être le fatalisme car lorsqu'une société finit par croire que rien ne dépend plus d'elle, elle renonce progressivement à sa capacité d'action. Elle attend que les solutions viennent d'ailleurs, d'en haut ou d'autres acteurs. Pourtant, l'avenir ne se décide pas uniquement dans les gouvernements, les marchés financiers, les grandes entreprises ou les laboratoires de la Silicon Valley. Il se construit aussi dans nos choix quotidiens, dans notre volonté d'apprendre, dans les responsabilités que nous acceptons d'assumer et dans les projets que nous décidons de lancer malgré les incertitudes.

À lire aussi

Demain, la mise à jour des compétences vaudra-t-elle plus qu'une voiture de société ?

Demandons à l'État de faire sa part. Exigeons des réformes ambitieuses, des investissements utiles et une vision à long terme mais assumons également la nôtre. Car un pays ne progresse pas seulement grâce à ses institutions. Il avance lorsque ses citoyens conservent la conviction qu'ils peuvent agir sur leur destin, développer leurs compétences, entreprendre, innover et contribuer, chacun à leur niveau, à la prospérité collective.

La responsabilité n'est pas l'opposé de la solidarité… Elle en est la condition de pérennité.

(*) Vincenzo Carrabs est aussi l'auteur de "Le recrutement sous dictature artificielle".

→ Titre original : "Aux armes, citoyens ! Reprenons notre avenir en main"

← Retour aux actualités

Prêt pour votre e-mail gratuit ?

512 Mo de stockage, webmail moderne et portail d'actualités — commencez gratuitement.

Inscrivez-vous gratuitement