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Ce coupé japonais a le plus petit V6 de l’histoire, mais tout le monde l’a oublié

Économie

Un V6 unique dans un coupé oublié de tous, le tout pour un prix encore relativement raisonnable ? Il n’y a pas des milliers d’options : c’est la Mazda MX-3. Au début des années 90, la mode des GTI a atteint son paroxysme. Elle a ensuite doucement commencé à décliner. De quoi laisser une porte ouverte à un nouveau genre de sportives : les petits coupés sur base de citadine ou de compacte. Mazda arrive sur ce segment dès 1991. La MX-3 sera lancée presque en même temps que la Nissan 100 NX. Elle sera ensuite rejointe par la Ford Puma et l’Opel Tigra. Chacune essayera de se démarquer par son style ou une particularité technique. Mais Mazda, fidèle à lui-même, choisira de le faire par la motorisation.

Une proposition atypique qui va inspirer la concurrence

Sur le papier pourtant, rien ne prédestine la MX-3 à disposer d’une mécanique atypique. Sa ligne tout en rondeur est typique du bio-design de l’époque. Mais derrière cette carrosserie se cache une 323F, la compacte de la gamme. Celle-ci est plus connue pour ses phares escamotables que pour ses prétentions sportives quasi inexistantes. Mazda va réussir à donner une personnalité propre à la MX-3. Pour cela, le constructeur ne reprend presque aucun élément de carrosserie de la 323. Le résultat est plutôt harmonieux, à défaut d’être véritablement sportif. La silhouette rappelle les Honda CRX des années 80, qui ont initié le genre. Elle affiche toutefois une bonne louche de rondeurs supplémentaires. Certains verront dans la lunette arrière en forme de bulle une ressemblance avec les Porsche à moteur avant contemporaines, voire avec la Renault Fuego pour les plus caustiques.

La plateforme de la MX-3 est assez roturière. Le coupé reste une simple traction. Cela n’empêche pas Mazda de développer un moteur pour l’occasion. Le constructeur aurait pu se contenter de gonfler un quatre cylindres avec une culasse à double arbre à cames et 16 soupapes, voire un turbo. Mais il va décider de ne rien faire comme tout le monde. Mazda loge ainsi un V6 sous le capot de sa MX-3. Problème : impossible de reprendre un bloc existant dans la gamme. Celui-ci ne serait jamais rentré dans le compartiment moteur, trop exigu. Qu’importe, le constructeur japonais va faire parler ses talents de motoriste. Il crée ni plus ni moins que le plus petit V6 de série au monde. Le résultat est un 1,8 l atmosphérique à quatre arbres à cames en tête et 24 soupapes. Plutôt raffiné, donc. Le tout développe une modeste puissance de 133 ch. Un quatre cylindres comparable aurait fait aussi bien ! Mais Mazda a fait parler le panache avant tout. Les performances ne sont pourtant pas ridicules. Le moteur offre une sonorité sympathique. Le 0 à 100 km/h est bouclé en environ 8,5 s, tandis que les 200 km/h sont atteignables en vitesse maximale. En 1994, une sage version quatre cylindres 1,6 l rejoint la gamme. Mais elle n’est pas à privilégier. La MX-3 en perd son supplément d’âme.

À bord, l’ambiance est assez triste. L’équipement a toutefois le mérite de proposer l’essentiel. Les occupants à l’avant sont installés dans des sièges typés baquets. Les punis à l’arrière ne pourront pas en dire autant. Leur dossier brouille la frontière entre banquette et banc, le tout dans un espace relativement exigu. Qu’importe, ce n’est pas le critère premier d’achat de ce genre d’auto. Ces places sont surtout là en dépannage. À la conduite, la MX-3 était réputée pour son certain dynamisme. N’allez cependant pas la comparer à une Clio 16S. Vous resteriez sans doute un poil déçu en termes de châssis.

Acheter une MX-3 : bientôt la fin des bonnes affaires ?

Envisager l’achat d’une MX-3 d’occasion n’est pas une mauvaise idée. Elle est bien plus fiable qu’une RX-8 et son moteur rotatif à la fragilité proverbiale. Elle est aussi beaucoup moins demandée qu’une MX-5. Toutefois, le coupé a la même propension à rouiller que son frère roadster. Vérifiez bien tous les points sensibles habituels : les bas de caisse, les passages de roue, la baie de pare-brise, etc. Ensuite, assurez-vous de trouver l’auto la plus complète possible. Certaines pièces peuvent être difficiles à trouver. Côté mécanique, le V6 est réussi. Il équipera d’ailleurs la 323 par la suite. Surveillez seulement les fuites d’huile au niveau du joint de cache-culbuteurs. Une fumée bleue peut aussi vous alerter sur des joints de queue de soupape fatigués. Enfin, assurez-vous impérativement que la courroie de distribution a été remplacée en temps et en heure. Sinon, préparez-vous à le faire.

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