Bart De Wever attendu chez le roi
Le gouvernement fédéral est dans l’impasse. Après plusieurs heures de discussions, le conseil des ministres restreint (kern) s’est achevé dans la nuit de dimanche à lundi sans accord sur le budget. C’est le vice-Premier ministre David Clarinval (MR) qui a confirmé l’échec des négociations.
« Il y a plusieurs sources de blocage. Il y a plusieurs collègues, plusieurs vice-premiers qui ne peuvent accepter le tableau tel qu’il est proposé. En ce qui me concerne, il y a beaucoup trop de taxes encore sur la table, donc c’est un problème », a-t-il confié à notre journaliste sur place Océane Vermeiren.
« Encore un espoir » pour Maxime Prévot. « On va voir comment les choses peuvent se décanter et si c’est encore dans l’ordre du possible », a-t-il expliqué à la sortie du kern. Il « encourage » le Premier ministre à poursuivre sa mission. « On doit tous, au regard de l’enjeu, trouver une solution, même si elle n’est pas simple », a-t-il encore déclaré.
Selon plusieurs sources au sein de la majorité, Bart De Wever devrait se rendre ce lundi chez le Roi pour présenter sa démission. Le Premier ministre aurait constaté l’impossibilité de rapprocher les positions des cinq partis de la coalition Arizona : la N-VA, le MR, Les Engagés, le CD&V et Vooruit.
Impôts ou économies ?
Au cœur du blocage, une question : comment répartir les efforts nécessaires pour redresser les finances publiques ? Le gouvernement cherche à dégager 10 milliards d’euros d’ici 2029 afin de réduire le déficit budgétaire.
David Clarinval a directement mis en cause les socialistes flamands de Vooruit, auxquels il reproche de privilégier de nouvelles recettes fiscales plutôt que des économies dans les dépenses publiques. Une approche opposée à celle du MR, qui souhaite limiter les hausses d’impôts. « J’ai pointé le fait qu’il y avait trop de taxes », a déclaré le vice-Premier ministre libéral, évoquant plus de trois milliards d’euros de mesures fiscales qui auraient été discutées.
Ce montant est toutefois contesté par d’autres formations de la majorité. Celles-ci soulignent que les contributions envisagées visaient principalement les « épaules les plus larges ». Jusqu’ici, les discussions portaient sur environ deux milliards d’euros de recettes supplémentaires.
Vooruit, le MR et Les Engagés campent sur leurs positions
Si David Clarinval pointe la responsabilité de Vooruit, les désaccords concernent plusieurs partenaires de la coalition. Le MR, Vooruit et Les Engagés seraient tous restés fermes sur leurs revendications. Pour les socialistes flamands et les centristes francophones, la limitation de la norme de croissance des dépenses de soins de santé constituait notamment un point de blocage.
Les tensions étaient déjà apparues lors des entretiens bilatéraux organisés le week-end précédent entre Bart De Wever et chacun de ses vice-Premiers ministres. Vooruit et Les Engagés semblaient alors partager la volonté de demander un effort plus important aux contribuables les plus aisés. Du côté libéral, certaines propositions fiscales des Engagés avaient été particulièrement mal accueillies. Des sources libérales avaient même qualifié les mesures envisagées de « liste de l’horreur ».
Malgré ces divergences, les dernières discussions ne se seraient pas transformées en véritable confrontation. Le Premier ministre aurait simplement constaté qu’aucun compromis n’était possible.
Une dernière proposition qui ne convainc pas
La réunion du kern a débuté dimanche vers 21h et s’est prolongée jusqu’à 1h du matin. Au cours de cette rencontre, Bart De Wever a présenté un nouveau tableau budgétaire dans l’espoir de rapprocher les positions. Mais cette nouvelle proposition n’a pas permis de débloquer la situation. L’échec de ces discussions compromet désormais sérieusement la possibilité de disposer d’un budget fédéral pour le début de l’année 2027.
Sans accord entre les cinq partis de l’Arizona, le gouvernement risque de ne pas pouvoir entamer la nouvelle année avec un budget définitivement adopté. Une situation d’autant plus délicate que Bart De Wever avait déjà exclu la possibilité de recourir une nouvelle fois au système des douzièmes provisoires pour commencer 2027.
Ce mécanisme permet à l’État de continuer à fonctionner en l’absence de nouveau budget. Concrètement, le gouvernement se base sur le dernier budget adopté par la Chambre et peut dépenser chaque mois un douzième des montants prévus pour l’année précédente.